Grand Rodez : une attractivité économique ancrée dans son histoire
Ville administrative, commerçante et scolaire, Rodez a longtemps souffert de l’image d’une ville sous-industrialisée, le secteur secondaire se fixant principalement sur les deux secteurs du bassin houiller de Decazeville et de Millau pour la ganterie. Le témoignage de l’historien Bernard Combes de Patris, au début du XXe siècle, est à ce titre évocateur : « L’automobile n’avait pas supplanté les chevaux et les équipages. On ignorait les commodités de l’électricité mais le gaz et le pétrole y suppléaient ».
Paradoxalement, l’essor industriel du chef-lieu devait correspondre avec le déclin des industries traditionnelles, durant les années 1950-1960, essentiellement basé sur l’agroalimentaire, l’industrie du bois et la métallurgie.
Six entreprises servent d’exemples à cette industrialisation, démontrant le dynamisme économique du Grand Rodez qui revendique aujourd’hui 229 établissements industriels, représentant 27,1 % des emplois.
- La tannerie Arnal, sise d’abord au Monastère puis à Arsac, est la plus ancienne des entreprises du Grand Rodez, dernier bastion d’une industrie florissante au XIXe siècle sur le cours d’eau de l’Aveyron.
- Le mariage de Bosch avec le Grand Rodez remonte à 1962 quand le groupe allemand s’associe avec la CEPRO (Compagnie Electro Plastique du Rouergue), elle-même issue du groupe Labinal arrivé en 1940 à Rodez pour implanter ses ateliers de mécanique. Très vite, le groupe Robert Bosch montera en puissance, employant 420 personnes en 1964 et 2150 en 2005.
- La RAGT, issue de l’ancien organisme coopératif du Plateau Central, met en place dès 1946 ses premières productions végétales avant de passer à la sélection en 1951. Dès 1988, l’entreprise s’implique dans le développement des biotechnologies. En 2005, RAGT emploie 1290 personnes.
- C’est une belle histoire d’amour que vit Drimmer avec la ville de Rodez. Caché dans le chef-lieu sous l’Occupation, le couple Louis et Hildegarde Drimmer installent leur entreprise après la guerre, rue Henri Fabre. En 1964, débute l’époque des premières décorations sur porcelaine et des services de table incrustés d’or. En 1976, l’entreprise diversifie sa production autour de la décoration intérieure. Elle crée même une collection « Le Vieux Rodez ». Depuis les années 1970, Drimmer est devenue l’une des toutes premières entreprises spécialistes de la fabrication de luminaires. Implantée à Onet, l’entreprise est aujourd’hui dirigée par Pierre-Olivier Murat.
- Enfin, la Société Fromagère de Rodez et la CALA montrent l’étroite relation qui existe entre le monde rural et le chef-lieu, concernant notamment la production de lait. La première est créée en 1964 sous le nom de Fromageries des Gorges du Tarn puis, en 1978, de Fromageries des Causses et d’Auvergne.
C’est dans cette entreprise qu’est fabriqué « Le Rodez ». La seconde appartient au groupe SODIAAL. C’est donc une transformation sans précédent, en l’espace d’un demi-siècle, qui a permis au Grand Rodez de voir son secteur industriel décoller et devenir le plus important du département.
Jean-Michel Cosson
Vice-président de la communauté d’agglomération du Grand Rodez





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