Il est des vocations précoces, celle de Jean-Marie BOUSQUET, petit-fils et fils de boucher en est une. Certificat d’études en poche, il a dû demander une dérogation pour arrêter l’école à 14 ans et entrer dans le métier. Plutôt que de choisir la facilité de l’entreprise familiale, il ira faire ses premières armes comme apprenti dans une importante boucherie du 18ème arrondissement de Paris, puis à Toulouse. De ces expériences, il apprendra le métier et attrapera le virus du commerce qui ne le quittera plus.
Il est aujourd’hui à la tête d’une PME de bientôt 100 salariés.
Repères :
- 1958 : reprise de la boucherie familiale de Cassagnes-Begonhès par le père de Jean-Marie BOUSQUET,
- 1966 : déménagement à Luc-La Primaube, toujours en boucherie de détail,
- 1970 : début de boucher de Jean-Marie BOUSQUET, apprenti à Paris puis Toulouse,
- 1972 : entrée dans la boucherie familiale,
- 1985/1987 : transition familiale, prise effective des responsabilités à la tête de l’entreprise - 1 seul salarié,
- 1992/2000 : premier investissement sur le site actuel, basculement d’activité vers le gros et demi gros - effectif de 30 salariés,
- 2004 : fermeture du dernier point de vente de détail,
- 2005 : ouverture du site de Toulouse en stockage/distribution,
- 2006 : 1,6 M€ d’investissement sur le stockage, la logistique et les bureaux sur le site de Luc-La Primaube,
- 2008 : ouverture du site d’Albi en stockage/distribution,
- 2011 : projet de 1,8 M€ d’investissements sur le stockage, le conditionnement, l’expédition, pour passer de 3 500 à 4 000 tonnes/an et à un effectif de 100 salariés.
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Il était une fois un jeune homme plein d’envie…
Quand le grand-père a été boucher, que le père a été boucher, il y a une certaine logique à ce que le petit-fils ou le fils se pose la question de la continuité. Mais ne voulant pas être que « le fils de », Jean-Marie BOUSQUET va aller faire son apprentissage ailleurs. A Paris et Toulouse, il découvrira tout le savoir-faire du métier, mais aussi le commerce et sans doute, sans le savoir, l’esprit d’entreprise.
En 1974, Jean-Marie BOUSQUET intègre l’entreprise familiale à Luc-La Primaube, il en prendra les commandes en 1985 avec déjà des premières idées d’évolution. Le développement est porté par des camions magasins qui vont sillonner l’Aveyron et par l’ouverture de concessions de rayons dans les supérettes. En 7 ans, la boucherie va voir passer son effectif de 1 à 15.
Et le boucher devient industriel
« L’ère industrielle », pour le chef d'entreprise, débute en 1992 avec un bâtiment de 1 500 m² qui sort de terre en bordure de la nationale à Luc-La Primaube. Les collectivités et la restauration vont remplacer le particulier. Devenu industriel, Jean-Marie BOUSQUET reste artisan dans l’âme et fidèle à ses valeurs : respect du produit, du savoir-faire, de l’homme. Ainsi repositionnée, l’entreprise va rapidement trouver sa place sur son marché et la nouvelle activité de gros et demi gros va progressivement supplanter l’activité de détail. Le basculement total se fait en 2000, l’effectif est, entre temps passé, de 15 à 30 personnes.
L’outil de production s’étend et s’améliore, deux bases logistiques sont ouvertes à Toulouse (2005) et Albi (2008) pour une distribution optimisée : le client doit être servi vite et bien. Qualité et réactivité sont les maîtres mots et la réussite est au rendez vous avec 3 500 tonnes traitées en 2010 et 75 personnes qui travaillent quotidiennement sur les 3 sites.
Aujourd’hui, l’entreprise fournit l’essentiel des lycées de Toulouse et un camion de 26 tonnes prend chaque jour la route de la capitale régionale. Avec une flotte de 20 véhicules, elle rayonne sur le Lot, la Lozère, le Tarn, le Tarn et Garonne, bientôt l’Aude. Un développement continu qui va nécessiter de nouveaux investissements pour agrandir et améliorer l’outil de production. En 2011, l’entreprise devrait passer le cap des 4 000 tonnes/an et des 100 salariés.
Jean-Marie BOUSQUET est satisfait de cette évolution mais ne se repose pas pour autant sur ses lauriers. Pour lui, tant qu’il y aura du plaisir, il y aura des projets.
Monsieur l’entrepreneur, si je vous dis :
Les hommes dans l’entreprise :
Il n’y a pas de vraie réussite de l’entreprise s’il n’y a pas de réussite de ses hommes, de tous ses hommes, quelles que soient les fonctions. Cela suppose de savoir déléguer, de savoir motiver, de donner l’exemple, en résumé de donner confiance et envie ; c’est ce que je m’attache à faire. Aujourd’hui, ma grande satisfaction est de constater que j’ai su m’entourer de façon à être utile dans mon rôle, mais pas forcément indispensable.
L’esprit des chevillards et des maquignons :
Il est bien loin cet esprit là, il a mal survécu à l’évolution de l’économie en général et du métier en particulier. On ne sent plus comme avant la passion du produit, l’économique a pris le pas. C’est dommage, il faudrait peut-être que la profession se remettre en cause, retrouver certaines valeurs essentielles sur le produit noble que nous travaillons.
Le plaisir dans l’entreprise :
C’est fondamental !... tant que j’ai le plaisir, j’ai le moteur qui me fait avancer chaque jour. Aujourd’hui encore, pour l’autodidacte que je suis, ma satisfaction est de faire le métier que j’aime, d’y trouver encore et toujours du plaisir ; le plaisir de faire avancer les choses, de lancer de nouvelles idées, petites ou grandes.
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